vendredi 16 février 2007

Rajasthan 2: de Jodhpur a Jaipur

Jodhpur est connue comme la ville bleue : toutes les maisons de la vieille ville sont peintes de cette couleur et, vues du fort qui les surplombe, elles forment un ensemble coherent, chatoyant, assez charmant. A part ce fort (magnifiquement conserve et restaure par le maharadjah), la ville vaut pour ses petites ruelles aux maisons colorees, ses habitants accueillants. Le soir, on remonte au fort totalement deserte pour un diner d'anthologie : on entre dans les remparts, un garde guide vers l'ascenseur (!), construit dans la muraille meme, qui mene a la terrasse qui domine toute la ville : vue magique! Quelques tables sont disposees la, des serveurs en habit traditionnel servent un delicieux thali, l'atmosphere est des plus paisibles...grand moment.
De Jodhpur, nuit de bus vers Udaipur et arrivee vers 5 heures. La chambre donne sur le lac, on apercoit au fond le Lake Palace, hotel mythique, qui semble flotter sur l'eau tant rien d'autre que ses pierres blanches n'en depasse. Matinee passee a recuperer de la nuit de bus bien pourrie par quelques voisins ronfleurs, virages saccades, freinages intempestifs et autres joies du transport en bus en Inde (ou ailleurs).
Le City Palace, c'est-a-dire le palais du maharadjah de la ville, est un scandale : un vrai gachis! Il y a la un patrimoine architectural magnifique mais tellement peu entretenu qu'il en perd completement son charme. Je me fais d'ailleurs la reflexion a differents endroits en Inde : il semble que tous n'aient pas pris conscience de la necessite (ne serait-ce que pour conserver l'interet des touristes, qui sont la principale source de revenus du Rajasthan) de preserver le partimoine et l'environnement. Sacre defi en perspective pour les gouvernements indiens a venir. Udaipur n'echappe donc pas a la regle : le palais est franchement decrepi, et du coup on se lasse vite.
Promenade sur le lac l'apres-midi pour aller voir de plus pres le Lake Palace et diner sur une petite terrasse a la vue imprenable sur...le lac. Vous aurez compris, on a vite fait le tour, et pour tout dire ce n'est pas mon etape preferee.
Bus vers Pushkar ou j'arrive a la nuit tombee. C'est une petite ville qui est devenue depuis les annees 70 un repere de hippies ; je pensais y trouver une atmosphere un peu tranquille mais c'est tout le contraire. Le centre-ville est minuscule et surpeuple de touristes et de tout ce qui va avec, auberges bon marche bien bruyantes, restos chers pour ce qu'ils proposent, magasins d'artisanat/souvenirs dont les proprietaires vous accostent tous les dix metres. De quoi me faire fuir en courant. Je reste une journee le temps de faire le tour du centre-ville, des ghats et du temple, pas grand-chose de plus, je fuis vers Jaipur.

Jaipur compte deux millions d'habitants, c'est la capitale du Rajasthan, grande ville archi-bondee a la circulation impossible et a l'atmosphere irrespirable. Encore un bonheur pour un asthmatique comme moi. Je prends une voiture (ici, les locations se font toujours avec chauffeur, quiconque a deja connu les routes indiennes comprendra pourquoi ils ne laissent pas un Europeen s’aventurer seul sur les routes) pour deux jours d’excursion dans la region. Direction Neemrana, fort du XIVe siecle retape par un Indien et un Francais qui l’ont transforme en hotel. Un endroit magique, perdu dans la campagne. Le lendemain, depart vers Samode, autre palais-hotel magnifique, decorations d’une finesse incroyable dans toutes les pieces, des fleurs, des pierres precieuses, des miroirs, encore une merveille de l’art musulman. Retour le soir a Jaipur pour un diner dans le tout nouveau Pizza Hut de la ville, qu me change un peu des thalis, kofta, masala dosa, et autres galettes a tremper dans des sauces diverses. Marrant (ou triste je ne sais pas) de voir la classe moyenne indienne decouvrir la junk food a l’americaine. Ils sont un peu comme les enfants qu’on emmene au Mc Do, heureux comme tout, ebahis par ce nouvau concept, des clients reves.
c Le lendemain, je reserve d'abord mon billet de train pour Agra au terme d'une lutte acharnee avec le fonctionnaire du Northern Indian Railway qui, pour s'eviter de consulter les disponibilites des dix trains de la journee, m'a repondu que seul le train de six heures du matin etait libre. C'est ca, prends moi pour un c..Bref, liste d'attente pour le train de 10h03, ca fera bien l'affaire, au pire je monterai dans le train et je chercherai un siege.
Ensuite, 8Roupies et 25 minutes pour un bus qui m’emmene au fort Amber, a 10km du centre-ville. Il est perche sur une colline et on y accede par une rampe qu’empruntent egalement des elephants qui trimbalent des touristes un peu feignants jusqu’en haut. Je prefere la stabilite de mes pieds a celle des pachidermes, sur lesquels les touristes assis n’ont pas l’air rassures. Le fort lui-meme…je manque de superlatifs pour ne pas me repeter, bref c’est beau. Grand, aussi. J’aime bien. Trois etoiles, comme on dit dans les guides. (Six ans d’etudes pour en arriver a pareille richesse de vocabulaire, je m’epate, parfois). Le maharadjah s’etait fait une vie assez tranquille : il a fait construire des chambres pour chacune de ses 29 femmes (et d’autres encore pour ses 200 concubines) et les faisait aligner l’apres-midi dans la cour pour en choisir une pour la nuit ; celle-ci est alors paree des plus beaux vetements, bijoux, saris et amenee par des porteurs vers la chambre du souverain ; toutes les pieces sont la aussi ornees des plus belles couleurs, decorations, pierres precieuses. On s'imagine la vie incroyable qui devait prendre place ici il y a quatre siecles.
Fin d’apres-midi au palais des vents (je sature des palais, pour tout dire), puis depart le soir vers Agra en bus.

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