Il faut revoir legerement la notion de gare quand on arrive en Inde. On ne parle plus exactement de la meme chose.
En France, une gare se resume globalement a quelques michelines sagement alignees, la buvette a Kro-sandwich, 2-3 guichets et la consigne d'usage.
La gare indienne elle, est un lieu de vie a part entiere, d'abord parce qu'on y arrive pas pour prendre un train mais plus souvent pour l'attendre. Je m'explique : l'Inde a le plus grand systeme ferroviaire au monde, et le pays etant relativement etendu, il n'est pas rare que les passagers utilisent 2 ou 3 trains pour des voyages de 10, 20 30, 40, 50 heures du nord au sud et de l'est a l'ouest. Entre deux trains, donc, l'attente. Beaucoup d'attente...
Et c'est la que ca devient amusant : on trouve des gens qui dorment a peu pres partout, par terre, dans les salles d'attente, sur les quais, sur les bancs, contre les murs... Il y a meme des salles de repos ou passer une partie de la nuit ; j'ai rencontre un type, un soir ou je devais poireauter deux heures et demi dans une gare en attendant un train qui venait a deux heures du mat', qui me confiait aller a Bombay, ie a 40 heures de train de la, et preferer "faire l'experience de l'attente eveillee" plutot que d'aller se reposer...ben voyons. Je la retiens celle-la...
Des gens qui mangent, partout egalement. Et de tout, avec les mains evidemment.
D'autres constituent des queues interminables et assez denses (cf ce que je disais sur la proximite qui ne leur fait pas franchement peur) aux guichets pour aller acheter/changer/confirmer leur billet (le systeme Internet est peu repandu et de toute facon tellement complique qu'on prefere aller dans les gares)
Mais c'est sur le quai que l'agitation regne encore davantage : a l'arrivee d'un train, les passagers arrives a leur destination envahissent le quai, tandis que d'autres descendent acheter de quoi subsister pendant la suite du trajet. Des vendeurs ambulants passent ainsi proposer aux fenetres (ouvertes dans tous les wagons sauf les classes superieures) du the, du cafe, des biscuits, cacahuetes... en hurlant le nom de ce qu'il propose, alternativement en hindi et en anglais
Pendant ce temps, les porteurs s'affairent : a l'embarquement des trains de nuit, ils apportent draps, couvertures, taies d'oreiller dans les wagons, sans compter la nourriture proposee a l'interieur du train dans les bonnes classes. On voit donc des types souvent petits et assez chetifs se faufiler au milieu des voyageurs avec des sacs de trente kilos sur la tete...
Les voyageurs, me direz-vous, sont pendant ce temps-la postes devant le panneau correspondant a l'endroit ou leur voiture devrait s'arreter. Ca arrive oui. Mais les trois quarts du temps, soit par manque d'affichage, soit par manque de temps, on ne sait pas sur quelle partie du quai son wagon va s'arreter ; les wagons sont numerotes par type de classe : Sleeper, AS, A, H suivi d'un numero ; mais on ne sait pas si les A, S, et H sont a l'avant ou a l'arriere du train qui compte une bonne vingtaine de wagons! D'ou quelques bonnes minutes de stress et de course sur un quai bonde a l'arrivee du train pour reperer sa voiture. Et la, surprise, les noms des voyageurs sont affiches sur une feuille scotchee sur la porte su wagon! Ce billet aux signes incomprehensibles qui devait en principe vous donner droit a une place dans un train qui, si Shiva le veut et si le temps le permet, devait debarquer au quai numero 17 de la gare trucmuche, prend enfin tout son sens : la, au milieu de la cohue, dans la confusion nocturne d'une gare surpeuplee, miracle, mon nom apparait sur ladite feuille! Je vais finir par croire a la grace, Laurene (Private joke).
1 commentaire:
Je confirme les histoires de nom, ça surprend...
surtout que j'avais bien mis 1h à comprendre comment commander le bon train !
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