Apres une nuit de train mouvementee en provenance de Ooty, j'ai atterri a Ernakulam Junction, la gare la plus proche de Cochin (Kochi en hindi) ; les quartiers sympas et les monuments se trouvant sur la presqu'ile de Fort Cochin, a une douzaine de kilometres de la gare, me voila parti, a l'arrivee du train a 5heures du mat', pour trouver un rickshaw qui me conduira la-bas. Mon chauffeur met le turbo alors que je ne lui demande que de ralentir : la ville etant completement endormie a cette heure-la, je ne sais pas ou je vais me poser avec mon barda en attendant que restos a petit dej et auberges ouvrent leurs portes. Pas presse d'arriver, donc.
Le chauffeur, arrive dans le coin, tient absolument a m'accompagner a une auberge dans laquelle il touche des commissions, plutot que la ou je veux ; je finis par obtenir gain de cause, mais arrive devant celle que j'avais reperee, il me dit "it's full" et s'apprete a redemarrer alors que le tenancier de l'auberge n'as pas l'air de comprendre pourquoi il repart... Je gueule un coup et finis par aller constater de moi-meme...Il y avait evidemment des chambres dispo. Je serai desormais sur mes gardes en particulier dans les lieux touristiques ou les rickshaws sont souvent les premiers rabatteurs pour les hotels.
Je pose donc mon sac chez Spice Holidays, charmante maison d'hotes ou le proprietaire me conseille d'aller voir le retour de la peche sur la plage proche de la, en attendant que les restos n'ouvrent et que les chambres se liberent dans la matinee...
Spectacle impressionnant, alors qu'il fait encore pratiquement nuit, sur la plage ou s'amoncellent les immondices en tous genres : les barques sont alignees et les pecheurs s'empressent de sortir de leurs filets la peche de la nuit. Ils l'apportent ensuite sur une sorte d'etal a meme le sol, au-dessus duquel un homme affaire sur son carnet gere la criee ; les restaurateurs et commercants s'arrachent ainsi les lots de poissons les uns apres les autres, tandis que les poissons frais continuent d'affluer. Pres de l'eau, des chats et des chiens se partagent les restes de poissons et de pouples sortis des filets et delaisses par les pecheurs.
A sept heures, tout cela est fini et tous vont boire un petit the ("chai") dans un des cabanons en bord de route aux cotes des chauffeurs de rickshaws qui embauchent.
Je passe le reste de la journee a me promener dans le village, a flaner au bord de la plage en regardant les pecheurs relever leurs carrelets ("chinese nets", qu'ils appellent ca par ici) selon une technique eprouvee qui met a l'oeuvre six hommes qui tirent sur des cordes au bout desquelles de grosses pierres font contre-poids au filet et permettent de le sortir de l'eau. On attrappe les poisons tombes dans le filet, et on le fait retomber dans l'eau pendant une a deux minutes ; puis on recommence...si vous cherchiez a vous faire les bras c'est pas mal comme job.
Le lendemain, journee de croisiere sur un petit bateau dans les backwaters, ces canaux qui longent la cote, entre Allepey (2h de bus au sud de Cochin) et Kollam, 80km plus bas. On y decouvrte la vie au bord de l'eau, les pecheurs, les pirogues chargees de marchandises qui depassent a peine de l'eau, guidees par d'agiles canotiers qui poussent au fond de l'eau de leur longue perche, les pieds en equilibre sur les rebords etroits de leur embarcation...ballade bien tranquille.
Retour a Cochin pour une derniere journee de visite du quartier juif (a peine 15 Juifs y vivent encore, une petite synagogue se visite ; le guide, hindou, a l'air d'en connaitre a peu pres autant que moi sur le lieu...), du palais du gouverneur hollandais (la ville a ete successivement occupee par les Portuguais, les Holandais, puis les Anglais) et ballade dans ces ruelles agreables, baignees de soleil, qui respirent la tranquillite.
De Cochin, nuit de train vers Madurai, au milieu des terres, sur la route de Chennai, ou je passe une journee dans le temple, principal attrait de la ville. Incroyable! Une ville dans la ville, des tours sculptees tout en couleurs a chacune des quatre entrees, et a l'interieur divers temples dedies aux stars habituelles de l'Olympe hindou. Un elephant est pose la, il recolte du bout de sa trompe une piece de monnaie tendue par un touriste, la glisse a son maitre et benit le donateur du meme bout de sa trompe. Il arrive meme a faire l'economie de mouvements superflus en gardant plusieurs pieces dans sa trompe, benissant plusieurs personnes de passage, avant de rendre le butin a son maitre. Assez amusant...On se dit juste, quand en fin de journee il commence a montrer quelques signes d'enervement, qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il fasse un massacre s'il en venait a charger.
Plus loin, un pretre propose, moyennant trente roupies, d'assurer l'envoi au Paradis des ames des defunts ; une allemande s'y risque qui a perdu son pere recemment ; on lui fait reciter moultes prieres, en hindi bien sur sinon ca marche pas, le pretre benit tout un tas d'offrandes, lui fait faire trois tours sur elle-meme (c'est pas une blague), s'incline lui-meme deux ou trois fois, et apres tout ca dit "i think with this your father and mother should be fine in heaven" ; l'autre s'affole "no, it's just my father!". Pour un peu il aurait envoye sa pauvre mere ad patres, version deux pour le prix d'un. Faut faire gaffe avec ces trucs la c'est dangereux.
Depart de Madurai par le train de nuit vers Chennai (Madras), ou je ne reste que le temps de trouver un bus qui part vers le sud.
Deux heures de bus bonde plus tard, je pose mon sac a Mahabalipuram, ou sont regroupes plusieurs temples des VIe et VIIIe siecles, en bord de mer. Le village, devenu assez touristique recemment, est aussi repute pour ses sculpteurs de pierre dont les ateliers se trouvent tout au long des rues. Impressionnant de voir d'un cote les gros blocs de pierre brute et a quelques metres de la, la finesse des visages de dieux celebres qu'ils ont tailles de leurs mains.
Je profite allegrement de la douceur du climat, de la plage ou est posee l'un des temples, des ruelles paisibles.
En ce moment a lieu le festival annuel de danses traditionnelles du Tamil Nadu (l'Etat dans lequel je me trouver pour ceux qui n'auraient pas suivi) ; je passe donc une soiree a un des spectacles, assez fascinant. La danseuse principale, dans un magnifique costume rouge et or, tres maquillee, un peu comme dans les operas chinois, mime beaucoup, tourne des yeux dans un sens ou dans l'autre, eleve lentement ses mains dans une direction, se deplace douuuuucement, se pose...assez delicat en fait. Un peu lent parfois, mais assez fin dans l'ensemble et tres bien execute. Bon, il y en avait deux autres apres, je ne vous cache pas que j'ai jete l'eponge au milieu mais c'etait une bonne experience.
Aujourd'hui, j'ai passe la journee a Pondichery, deux heures de bus (debout, ca fait long...) plus au sud. C'est vrai que les traces de la presence francaise font un drole d'effet : la rue de la Bourdonnais donne dans Suffren Street, ce qui ne depaysera pas les Parisiens ; on trouve, outre le consulat, une Alliance Francaise, un Lycee Francais, un monument "aux combattants des Indes francaises morts pour la patrie" en 14-18, une statue de Jeanne d'Arc...Ca fait assez bizarre. A part ca, le quartier francais a un certain charme, les maisons sont colorees et l'architecture coloniale presente une certaine coherence. Tout ca a l'air d'etre un peu laisse a l'abandon mais bon. Bref, content d'avoir vu ca, pas une ville dingue mais une petite journee sympa.
Le retour a Mahabalipuram est un peu mouvemente : on (je passe la journee avec un couple de babas cools argentino-allemand qui vendent de l'artisanat a Ibiza en ete et a Barcelone en hiver, tres sympas) n'avait pas prevu que le dimanche soir a la gare de Pondichery, c'etait le retour de week-end (week-end de fete de surcroit, puisque vendredi c'etait Republic Day, jour de proclamation de la Republique indienne, qui n'a rien a voir avec le jour de l'independance, bande d'ignards). A cote de ca, l'A6 le week-end du 15 aout est une gentille promenade de sante : les bus ne sont pas encore arrives (de Chennai par exemple) que les gens courent deja autour et s'agrippent aux portes (enfin, a l'endroit ou il devrait y avoir une porte) en essayant de rentrer avant meme que les passagers en descendent ; des centaines de personnes attendent ainsi et on se dit qu'on n'est pas arrives...On finit pas negocier un prix avec un taxi qui nous ramene a bon port pour une somme modique
Demain, depart pour Chennai ou je prendrai un vol pour Delhi, avant d'attaquer le Nord...
Le chauffeur, arrive dans le coin, tient absolument a m'accompagner a une auberge dans laquelle il touche des commissions, plutot que la ou je veux ; je finis par obtenir gain de cause, mais arrive devant celle que j'avais reperee, il me dit "it's full" et s'apprete a redemarrer alors que le tenancier de l'auberge n'as pas l'air de comprendre pourquoi il repart... Je gueule un coup et finis par aller constater de moi-meme...Il y avait evidemment des chambres dispo. Je serai desormais sur mes gardes en particulier dans les lieux touristiques ou les rickshaws sont souvent les premiers rabatteurs pour les hotels.
Je pose donc mon sac chez Spice Holidays, charmante maison d'hotes ou le proprietaire me conseille d'aller voir le retour de la peche sur la plage proche de la, en attendant que les restos n'ouvrent et que les chambres se liberent dans la matinee...
Spectacle impressionnant, alors qu'il fait encore pratiquement nuit, sur la plage ou s'amoncellent les immondices en tous genres : les barques sont alignees et les pecheurs s'empressent de sortir de leurs filets la peche de la nuit. Ils l'apportent ensuite sur une sorte d'etal a meme le sol, au-dessus duquel un homme affaire sur son carnet gere la criee ; les restaurateurs et commercants s'arrachent ainsi les lots de poissons les uns apres les autres, tandis que les poissons frais continuent d'affluer. Pres de l'eau, des chats et des chiens se partagent les restes de poissons et de pouples sortis des filets et delaisses par les pecheurs.
A sept heures, tout cela est fini et tous vont boire un petit the ("chai") dans un des cabanons en bord de route aux cotes des chauffeurs de rickshaws qui embauchent.
Je passe le reste de la journee a me promener dans le village, a flaner au bord de la plage en regardant les pecheurs relever leurs carrelets ("chinese nets", qu'ils appellent ca par ici) selon une technique eprouvee qui met a l'oeuvre six hommes qui tirent sur des cordes au bout desquelles de grosses pierres font contre-poids au filet et permettent de le sortir de l'eau. On attrappe les poisons tombes dans le filet, et on le fait retomber dans l'eau pendant une a deux minutes ; puis on recommence...si vous cherchiez a vous faire les bras c'est pas mal comme job.
Le lendemain, journee de croisiere sur un petit bateau dans les backwaters, ces canaux qui longent la cote, entre Allepey (2h de bus au sud de Cochin) et Kollam, 80km plus bas. On y decouvrte la vie au bord de l'eau, les pecheurs, les pirogues chargees de marchandises qui depassent a peine de l'eau, guidees par d'agiles canotiers qui poussent au fond de l'eau de leur longue perche, les pieds en equilibre sur les rebords etroits de leur embarcation...ballade bien tranquille.
Retour a Cochin pour une derniere journee de visite du quartier juif (a peine 15 Juifs y vivent encore, une petite synagogue se visite ; le guide, hindou, a l'air d'en connaitre a peu pres autant que moi sur le lieu...), du palais du gouverneur hollandais (la ville a ete successivement occupee par les Portuguais, les Holandais, puis les Anglais) et ballade dans ces ruelles agreables, baignees de soleil, qui respirent la tranquillite.
De Cochin, nuit de train vers Madurai, au milieu des terres, sur la route de Chennai, ou je passe une journee dans le temple, principal attrait de la ville. Incroyable! Une ville dans la ville, des tours sculptees tout en couleurs a chacune des quatre entrees, et a l'interieur divers temples dedies aux stars habituelles de l'Olympe hindou. Un elephant est pose la, il recolte du bout de sa trompe une piece de monnaie tendue par un touriste, la glisse a son maitre et benit le donateur du meme bout de sa trompe. Il arrive meme a faire l'economie de mouvements superflus en gardant plusieurs pieces dans sa trompe, benissant plusieurs personnes de passage, avant de rendre le butin a son maitre. Assez amusant...On se dit juste, quand en fin de journee il commence a montrer quelques signes d'enervement, qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il fasse un massacre s'il en venait a charger.
Plus loin, un pretre propose, moyennant trente roupies, d'assurer l'envoi au Paradis des ames des defunts ; une allemande s'y risque qui a perdu son pere recemment ; on lui fait reciter moultes prieres, en hindi bien sur sinon ca marche pas, le pretre benit tout un tas d'offrandes, lui fait faire trois tours sur elle-meme (c'est pas une blague), s'incline lui-meme deux ou trois fois, et apres tout ca dit "i think with this your father and mother should be fine in heaven" ; l'autre s'affole "no, it's just my father!". Pour un peu il aurait envoye sa pauvre mere ad patres, version deux pour le prix d'un. Faut faire gaffe avec ces trucs la c'est dangereux.
Depart de Madurai par le train de nuit vers Chennai (Madras), ou je ne reste que le temps de trouver un bus qui part vers le sud.
Deux heures de bus bonde plus tard, je pose mon sac a Mahabalipuram, ou sont regroupes plusieurs temples des VIe et VIIIe siecles, en bord de mer. Le village, devenu assez touristique recemment, est aussi repute pour ses sculpteurs de pierre dont les ateliers se trouvent tout au long des rues. Impressionnant de voir d'un cote les gros blocs de pierre brute et a quelques metres de la, la finesse des visages de dieux celebres qu'ils ont tailles de leurs mains.
Je profite allegrement de la douceur du climat, de la plage ou est posee l'un des temples, des ruelles paisibles.
En ce moment a lieu le festival annuel de danses traditionnelles du Tamil Nadu (l'Etat dans lequel je me trouver pour ceux qui n'auraient pas suivi) ; je passe donc une soiree a un des spectacles, assez fascinant. La danseuse principale, dans un magnifique costume rouge et or, tres maquillee, un peu comme dans les operas chinois, mime beaucoup, tourne des yeux dans un sens ou dans l'autre, eleve lentement ses mains dans une direction, se deplace douuuuucement, se pose...assez delicat en fait. Un peu lent parfois, mais assez fin dans l'ensemble et tres bien execute. Bon, il y en avait deux autres apres, je ne vous cache pas que j'ai jete l'eponge au milieu mais c'etait une bonne experience.
Aujourd'hui, j'ai passe la journee a Pondichery, deux heures de bus (debout, ca fait long...) plus au sud. C'est vrai que les traces de la presence francaise font un drole d'effet : la rue de la Bourdonnais donne dans Suffren Street, ce qui ne depaysera pas les Parisiens ; on trouve, outre le consulat, une Alliance Francaise, un Lycee Francais, un monument "aux combattants des Indes francaises morts pour la patrie" en 14-18, une statue de Jeanne d'Arc...Ca fait assez bizarre. A part ca, le quartier francais a un certain charme, les maisons sont colorees et l'architecture coloniale presente une certaine coherence. Tout ca a l'air d'etre un peu laisse a l'abandon mais bon. Bref, content d'avoir vu ca, pas une ville dingue mais une petite journee sympa.
Le retour a Mahabalipuram est un peu mouvemente : on (je passe la journee avec un couple de babas cools argentino-allemand qui vendent de l'artisanat a Ibiza en ete et a Barcelone en hiver, tres sympas) n'avait pas prevu que le dimanche soir a la gare de Pondichery, c'etait le retour de week-end (week-end de fete de surcroit, puisque vendredi c'etait Republic Day, jour de proclamation de la Republique indienne, qui n'a rien a voir avec le jour de l'independance, bande d'ignards). A cote de ca, l'A6 le week-end du 15 aout est une gentille promenade de sante : les bus ne sont pas encore arrives (de Chennai par exemple) que les gens courent deja autour et s'agrippent aux portes (enfin, a l'endroit ou il devrait y avoir une porte) en essayant de rentrer avant meme que les passagers en descendent ; des centaines de personnes attendent ainsi et on se dit qu'on n'est pas arrives...On finit pas negocier un prix avec un taxi qui nous ramene a bon port pour une somme modique
Demain, depart pour Chennai ou je prendrai un vol pour Delhi, avant d'attaquer le Nord...
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